Stabilité, espace, relation, module 1

Les repères vitaux qui se jouent en nous

Le texte présenté ici est le compte rendu d’un stage de post-formation proposé par Peter à Paris, Lyon et Montpellier lors de la saison 2013/2014.


Stabilité, espace, relation, module 1

Les repères vitaux qui se jouent en nous

Le texte présenté ici est le compte rendu d’un stage de post-formation proposé par Peter à Paris, Lyon et Montpellier lors de la saison 2013/2014.


Puis-je être debout à l’intérieur de ma posture debout ? Puis-je être debout avec un espace de liberté, un espace de possibles ?

Pratique 1

Pratique proposée pour être présent à nous-mêmes et sentir comment le souffle nous porte de l’intérieur ; le son, en agissant comme un troisième, donne un repère puissant pour la relation corps souffle.

Stabilité, espace et relation sont partout à l’oeuvre dans notre organisme, dans nos relations avec nous-même et avec le monde. Ils jouent dans la prise d’une posture et dans le maintien de la posture. Ils jouent dans notre rapport avec le souffle et dans le fonctionnement de notre esprit.

Dans ce module, le travail sur le corps est au service d’une prise de conscience et de l’ouverture d’un champ de possibles, tout en cherchant le lien, autant que faire se peut, entre pratique et vie quotidienne, entre cohérence intérieure et extérieure, et entre pratique et enseignement.

Nous avons besoin d’espace pour des relations vivantes 

  • mobilité
  • circulation
  • souffle
  • perception

Nous avons besoin de stabilité pour

  • des relations stables
  • des espaces de liberté

Nous avons besoin de relations pour 

  • assurer notre unité
  • ouvrir et fermer des communications.

Faire apparaitre la relation entre stabilité et espace, implique de questionner nos relations invariantes et le plus souvent invisibles : G/D, AV/AR, haut/bas et intérieur/extérieur.

Quelles solutions adoptons-nous pour résoudre nos problèmes de stabilité ou d’espace ?  Quels critères pour les détecter ?
Ces critères sont toujours des relations, des relations possibles qui permettent d’habiter notre corps, qui nous donnent un corps qui peut imaginer et non un corps imaginé !

Voilà le défi de notre exploration : faire vivre la relation entre réel et imaginaire.  C’est aussi la base pour une cohérence entre vie intérieure et vie extérieure.

Pour voir une chose, il est utile de la voir en relation, ce qui permet, spontanément et dans le même temps de :

  • prendre du recul pour donner de l’espace au jeu
  • nous ouvrir à l’inconnu

RELATIONS À DEUX ET À TROIS

Une relation à deux se dévoile dans une relation à trois.

En observant une personne assise en face de vous, observez et essayez de sentir si les relations diagonales entre...

  • hanches G et D et épaules opposées
  • front et sacrum
  • arrière tête et pubis

... sont plutôt des relations « assise » ou « debout ».

Voyez ensuite comment une flexion très simple, centrée sur le triangle entre l’articulation tête/atlas et les deux articulations des hanches, peut avoir un effet d’équilibrage entre G et D et entre AV et AR.

Atelier 1

POUR VÉRIFIER OU MODIFIER UNE RELATION ENTRE DEUX, IL FAUT LA VOIR OU LA METTRE EN JEU DANS UNE RELATION A TROIS.

Le triangle reliant l’articulation atlas/tête avec les articulations des hanches permet, par sa stabilité, une relation libre entre tête, tronc, bassin et jambes. Il se construit entre trois espaces, lesquels, chacun à leur manière, permettent un jeu subtil entre stabilité et mobilité.

Bassin, ceinture scapulaire et le dos entier peuvent alors rester libres durant tout le mouvement.

Pratique 2

Dans la posture à quatre pattes, vivre une « triangulation » entre l’appui des deux mains et la colonne, ouvre un accès très direct à celle-ci et donne à chaque point de la colonne un rôle de porteur/porté.

Ce travail ouvre bien la relation entre l’espace avant et arrière du corps.

Pratique 3

Déplacer le point d’interaction entre supports et points du corps portés dans la colonne, transforme le sens de l’unité du corps et chacun des bhāvana’s associés, « Castor », « Pégase » et « Papillon » - nous offre de vivre un nouvel espace de liberté.

Anuloma Ujjayī, en fin de séance, pratiqué dans le triangle atlas/ hanches, aide l’intégration de ces nouveaux espaces.

Pratiquer une combinaison du triangle atlas/hanches, et la triangulation, entre supports et régions différentes de la colonne, est un moyen puissant pour découvrir les relations possibles entre stabilité et liberté.

Pratique 4

Cette pratique ouvre des espaces dans la relation entre souffle et corps. En cela, elle est  une excellente préparation  de longs prānāyāma’s.

RÔLE RESPECTIF DE LA TÊTE ET DU BASSIN ET LEUR RELATION INTÉRIEURE

Ces outils en place, le champ est préparé pour une exploration plus fine :

  • du rôle respectif principal de la tête (en lien avec la source d’espace qu’est candra) et du bassin (en lien avec la source de stabilité qu’est mūla)
  • de la relation intérieure entre les deux partenaires, relation qu’exprime le fonctionnement du diaphragme.

PRINCIPE - La tête révèle son état par sa relation avec le bassin et réciproquement.

Pratique 5

Cette pratique cherche à mettre en liberté et la tête sur l’atlas et le bassin entre jambes et tronc.

Une première question-méditation a suivi : « quel repère vital est-il prioritaire pour moi : la stabilité, l’espace ou la relation ?

L’IMPORTANCE D’UN BASSIN LIBRE POUR UNE STABILITÉ NON CONTRAIGNANTE.

PRINCIPE - Toute action vers une stabilité qui ne s’appuie pas sur un bassin en libre relation avec la tête, devient tension et nous enferme.

Pour le comprendre, bhujangāsana, le cobra est à mon sens, une posture clé : plus que toute autre posture, elle aide à restaurer et révéler la fonction de mūla.

Atelier 2

Cette variation de bhujangāsana, aide à sentir un bassin stable entre jambes et tronc et libre dans sa relation avec le sol.

Le cobra, pratiqué avec appui au sol sur un ou deux genoux, aide à ouvrir les hanches pour une relation directe avec le haut du corps. Dans cette variation, il est facile d’observer combien est efficace « poser le sacrum » et non de « poser le bassin » pendant l’EX.

Pratique 6

LE RÔLE DE LA TÊTE POUR LA LIBERTÉ ET LA COMMUNICATION DES ESPACES.

PRINCIPE - Toute action qui cible l’espace, mais qui ne prend pas son support sur une tête en relation libre avec le bassin, crée des espaces déconnectés, qui ne communiquent pas, ou des espaces qui occupent l’espace !

La tête dans son interaction avec le bassin assure une respiration libre ainsi que l’unité du corps.

Pour vérifier ce principe la posture pascimatānāsana, la pince, est une clef. Plus que toute autre posture, elle aide à créer un espace pour une relation libre entre tête et bassin.

Pratique 7

Dans cette pratique courte autour de pascimatānāsana (avec jambes légèrement écartées), posture et respiration sont préparés par un double travail sur une stabilité libre de la tête et sur le psoas.

La pratique se termine avec une méditation sur nos repères prioritaires.

RÔLE ESSENTIEL JOUÉ PAR UNE RELATION DIRECTE ENTRE TÊTE ET BASSIN.

Cette relation s’exprime dans le fonctionnement du diaphragme qui lui-même joue le rôle d’entre deux par excellence.

PRINCIPE - Toute action qui cherche à mettre en relation, mais qui ne s’appuie pas sur une relation libre entre tête et bassin, nous coupe de la spontanéité du souffle intérieur.

Pour vérifier ce principe, la torsion est une clef ; plus que toute autre posture, la torsion facilite une mise en relation de toutes nos fonctions vitales avec l’axe entre candra et mūla.

La torsion permet de les unir dans un feu de présence.

Pratique 8

L’utilisation de sthiti et du son RĀM dans trikonāsana permet d’intensifier l’effet de la pratique sur le diaphragme et sur la région de sūrya ;la respiration pratiloma ujjayī le prolonge efficacement.

Une dernière fois la pratique se termine avec une méditation sur les repères prioritaires.

Conclusions et perspectives

Dans ce premier module, à l’aide des postures et de la respiration, nous avons exploré le rôle fondateur du bassin, de la tête et du diaphragme dans l’interaction entre stabilité, espace et relation.

Entre stabilité, espace et relation, chacun, en jouant avec des relations à trois lors des pratiques et des ateliers, a pu approcher son « support prioritaire ». Un ordre créateur serait-il à l’œuvre dans la relation entre les trois ? Un ordre, lequel, indépendant de nos préférences habituelles, pourrait nous ouvrir des portes et nous donner plus de liberté dans nos choix de pratique et nos choix dans la vie ?

Prānāyāma et méditation nous aideraient-ils à répondre ?


  • Titre: Stabilité, espace, relation, module 1
  • Publié: 2017

  Date : 03 août 2017

 

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